Louis XIII couvrit le couvent de la Visitation de bienfaits. Lorsque les religieuses manquèrent de terrain, il ne manqua pas de faire fléchir un voisin récalcitrant. Très souvent il allait, n’en déplaise à Richelieu, visiter celle qui avait été sa favorite, mais en se tenant toujours prudemment au parloir, ne voulant point gêner les religieuses.

Après la mort du roi en 1643, Anne d’Autriche, régente du royaume à cause de la minorité de son fils, vint, elle aussi, au monastère. Un jour de ladite année 1643, elle se rendit à la Visitation avec le jeune Louis XIV âgé de cinq ans. Ils franchirent la clôture ainsi que leur privilège le permettait et allèrent à la rencontre de la communauté assemblée « au Chapitre pour lui baiser la main » Anne d’Autriche s’émut du recueillement des religieuses et dit à la Mère Lhuillier : « Ma Mère, ordonnez à nos Sœurs de ne pas se mortifier et de regarder le roi » Et lorsque le petit Louis XIV embrassa la Sœur Louise-Angélique, la reine-mère lui dit : « Aimez bien cette bonne religieuse, car je lui ai de l’obligation »

Louis XIV en 1643, lorsqu'il rencontra Louise de la Fayette
Elle revint fréquemment au couvent, proposant même aux religieuses de se déplacer au Val-de-Grâce, maison qu’elle voulait édifier pour s’y retirer le plus souvent possible. La Mère Lhuillier l’en remercia, prétextant que la pompe de la cour n’était pas pour elles, préférant ne point sortir de leur retraite de la rue Saint-Antoine. Mais Anne d’Autriche conserva toute sa vie une grande bonté pour le monastère, comme en témoigne le Mémoire des religieuses : « Ce qui venait de notre monastère lui semblait plus à son goût que tous les mets délicieux de sa table ; elle voulait manger de notre pain, et pendant un assez long temps, un page en vint chercher tous les matins. Nous avons ouï dire à notre bonne Sœur tourière, Louise-Marguerite Bésée, que nos Mères l’envoyaient souvent au Louvre porter quelques brioches à la Reine, qui la recevait toujours avec la manière la plus gracieuse et avec une bonté admirable »
Une autre reine joua un grand rôle auprès de la Sœur de la Fayette : Henriette-Marie de France, reine d’Angleterre. Cette sœur de Louis XIII et épouse de l’infortuné roi Charles Ier avait eu une vie riche en épreuves. Obligée de quitter son royaume en 1644, lors de la guerre civile, elle se réfugia en France où elle se retirait fréquemment dans des cloîtres. En 1650, Henriette-Marie délaissa les Carmélites chez qui elle se retirait, de crainte de nuire à l’extrême régularité et restriction de l’Ordre dont elles avaient fait profession. La reine souhaitait se retirer dans un couvent de l’Ordre de la Visitation, qu’elle tenait particulièrement en estime.
Henriette-Marie de France
1. g Le 06/08/2009 à 02:45
Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com
- Signaler un contenu illicite
- Voir d'autres sites dans la catégorie Pages personnelles
Créer un forum
- Videos Droles
- Clips musique
- Cours création de site web