Il fut décidé que quelques religieuses – Mlle de la Fayette était de ce nombre – quitteraient le couvent de la rue Saint-Antoine pour une autre maison qui abriterait la retraite de la reine d’Angleterre.
Mais cette fondation causa beaucoup de difficultés. La Mère Lhuillier, soutenue par Saint Vincent de Paul, était intrépide face aux ennuis financiers et aux troubles émergents de la guerre civile, qui risquaient d’entraver gravement ses projets.
Henriette-Marie avait pendant ce temps trouvait le lieu qui lui convenait, situé à Chaillot, au faubourg de la Conférence à Paris, et qui avait naguère était une propriété de Catherine de Médicis. Elle le fit visiter à la supérieure ainsi qu’à la Sœur Louise-Angélique. « Elles en furent charmées, disent les Mémoires, n’y trouvant d’autre défaut que d’être trop beau et plus qu’il ne convenait à des religieuses qui font profession d’une pauvreté et simplicité des plus austères. […] Cette maison avait été nommée fort justement l’Hermitage de Catherine de Médicis, pour sa situation qui est le haut d’une montagne, éloignée de la ville et propre au recueillement aussi bien qu’au plaisir ; elle se trouve environnée de près et de jardins, ornée de terrasses et de fontaines, l’utile et l’agréable y étaient réunis »
Après bien des difficultés d’acquisition s’achevant heureusement par l’assistance d’Anne d’Autriche, le projet était enfin concrétisé. Saint Vincent de Paul décida personnellement de l’organisation de ce nouveau couvent : Hélène-Angélique Lhuillier restait Supérieure et Louise-Angélique montait d’un rang en devenant Assistante. Sept autres religieuses furent désignées pour les accompagner à Chaillot. Elles « étaient des religieuses de mérite et de grande vertu, ce qui établi entre elles une union de charité si forte, qu’elles l’ont inspirée à toutes celles qui vinrent se consacrer à Dieu dans cette maison, dont le vrai caractère fut l’amour de la retraite, le mépris du monde et une parfaite régularité »
Le 21 juin 1651, les vistandines intégrèrent leur nouvelle retraite où la reine d’Angleterre les attendait « avec une extrême joie » Après les avoir reçues, Henriette-Marie les mena dans leurs chambres, admirablement situées et d’aspect magnifique bien que non encore meublées. Mais les religieuses les délaissèrent afin de s’installer dans les greniers et autres endroits retirés, « où dans ces commencements elles souffraient de plusieurs incommodités, qu’elles cachaient à la Reine de peur de l’inquiéter » Les Mémoires précisent : « Le choix qu’elles firent ne venait pas d’un scrupule affecté, ni d’une ridicule délicatesse de conscience, mais de l’obligation qu’elle ont toujours de ne rien faire contre l’esprit de leur Ordre, qui recommande sur tout la pauvreté et la simplicité, qu’elles ne pouvaient joindre avec des appartements magnifiques. Il est vrai que dans la suite, Sa Majesté, sachant ce qu’elles souffraient, les obligea de prendre des chambres, à quoi elles obéirent, après avoir fait ôter tout ce qui sentait le faste du monde »
Henriette-Marie de France
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