Supérieure

 A la mort de la Mère Lhuillier, Henriette-Marie et Anne d’Autriche désiraient voir Louise-Angélique de la Fayette prendre sa place. « Elles se confièrent leur souhait l’une à l’autre, sans en rien marquer aux Religieuses, afin de leur laisser la liberté d’élire celle qu’elles jugeraient la plus digne »

  Mlle de la Fayette, âgée de trente-six ans, fut élue à l’unanimité, « et leurs Majestés en eurent un sensible plaisir » Dés que la reine d’Angleterre apprit la nouvelle du prélat chargé de donner les résultats du scrutin, « cette princesse, oubliant son rang et cette auguste gravité qu’elle portait toujours, descendit au chœur avec une telle précipitation qu’il semblait qu’elle ne tenait pas à la terre ; elle embrassa avec une tendresse si vive la nouvelle Mère et avec des marques d’une si forte affection qu’elle ne laissa point douter qu’elle ne fut pas contente du choix qui avait été fait. Elle tâcha de consoler la Mère qui était toute baignée de larmes » La Fondatrice dit alors à Louise-Angélique : « La volonté de Dieu qui nous est signifiée, et la joie de tout le monde aussi bien que la mienne, doivent adoucir votre douleur d’être notre Mère, soyez assurée que nous vous honorerons et aimerons comme telle, et que vous me trouverez la plus empressée de vos filles à vous aimer et à vous obéir »

  Au commencement, la supériorité causa bien des déboires à la Mère Louise-Angélique. La situation financière étant catastrophique, elle avait toutes les peines à faire subsister sa communauté, qui était d’environ vingt-cinq personnes. Heureusement, le courage ne lui manqua jamais, et, confiante, elle disait à ses filles : « Si Dieu est bien servi parmi nous, et que l’union s’y trouve, Il ne nous laissera manquer de rien » La religieuse cachait autant que possible la misère de la maison à la reine d’Angleterre et à ses filles. Mais si Henriette-Marie, la Supérieure de Sainte-Marie ou quelque autre dame de la cour lui portaient secours financièrement, elle leur en était très obligée, à tel point que la reine dit un jour : « Ne semble-t-il pas que je lui donne des montagnes d’or ? »

 

Saint Vincent de Paul

 

  Outre sa reconnaissance, « une des premières qualités de cette respectable Mère », Mlle de la Fayette avait sans cesse recours à la prière. Un jour où elle s’entretenait avec un proche du roi, la religieuse se rappela soudain que c’était l’heure de la communion. Aussitôt, elle se leva en s’écriant : « Ô mon Dieu ! Serait-il possible qu’en parlant du Roi de la terre je perdisse le roi du Ciel » Elle accourut mais ses compagnes avait déjà communié ; « elle en versa des torrents de larmes » Au sujet de ses ennuis financiers, elle avoua : « J’allais à tout moment réciter le Pater devant le Très-Saint Sacrement, et jamais le secours ne m’a manqué » Un jour où elle n’avait plus même de quoi acheter du pain, elle alla s’agenouiller devant ledit Saint-Sacrement, « son refuge habituel » Au même moment, on lui annonça un messager qui lui tendit dix pistoles de la part de Saint Vincent de Paul, en lui expliquant qu’il croyait les lui devoir. « Je m’en allai de ce pas, raconta Louise-Angélique, rendre grâce à Notre-Seigneur ; il me semblait que ces dix pistoles étaient un fonds immense, tant je fus consolée de la protection qu’Il me donnait »
Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 28/04/2006

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Pages personnelles
Créer un forum - Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web