De nouvelles épreuves

  Les six années de supériorité de Louise-Angélique étaient achevées en 1661. Elle se démit de ses fonctions « au grand regret de la communauté qui avait goûté un siècle d’or dans la douceur et la sagesse de son gouvernement » De plus, « la remplacer était chose bien difficile », aussi la communauté choisit-elle une religieuse très liée avec Mlle de la Fayette, Marie-Elisabeth de la Sourdière, qui était des plus vertueuses.

  Les visitandines de Chaillot étaient toutes très attachées à leur Mère de la Fayette, qui avait été déposée. Elles virent avec déplaisir la Mère de la Sourdière entretenir « des vues trop personnelles » et se détourner ouvertement de Louise-Angélique.

  Une nouvelle épreuve attendait cette dernière. Le grand Vicaire de l’Archevêque de Paris décida de la faire sortir de Chaillot pour l’envoyer chez les chanoinesses de Sainte-Geneviève, qui avaient grand besoin de réforme. La Mère de la Sourdière n’émit pas la moindre opposition, ce qui provoqua la consternation des religieuses. Quinze jours après son départ de Chaillot, la reine d’Angleterre supplia le vicaire de la faire revenir, lequel s’inclina évidemment devant la volonté royale.

  La nouvelle de son retour ravit la reine-mère Anne d’Autriche, qui lui envoya peu après une de ses demoiselles d’honneur, Mlle Testu, qui désirait, comme l’avait fait Louise-Angélique en son temps, se retirer du monde. Mlle de la Fayette fut chargée de la diriger spirituellement. Hélas, la Mère de la Sourdière, « voulut se mêler d’une direction qui ne lui avait pas été confiée et faillit compromettre l’œuvre si heureusement commencée » Rien n’est pire que la désunion au sein d’une communauté. Heureusement, Mlle Testu ne quitta plus le cloître où elle devint bienfaitrice séculière.

  Anne d’Autriche s’en réjouit sincèrement, et crut bon de confier à Louise-Angélique une autre charge, bien plus importante, qui consistait à réformer le couvent de la petite Assomption à Paris. Cette maison se trouvait dans un relâchement, il y avait fort peu « d’âmes de bonne volonté » lorsque Mlle de la Fayette y arriva, accompagné d’une jeune novice qu’elle avait formée. Cette élite peu nombreuse demanda à intégrer l’Ordre de la Visitation. Cette proposition « ravit de joie » la Déposée et ceux qui étaient de son parti. Mais la jeune novice qui l’avait accompagnée ne partageait pas ses vues de douceur, et résolut de s’en plaindre à la Mère de la Sourdière après avoir vainement tenté de la fléchir. Elle réussit ; à Chaillot, on décida d’abandonner l’affaire au mépris de la bonne volonté évidente de Louise-Angélique. Après huit mois passés à œuvrer loin du cloître qu’elle s’était destiné, Mlle de la Fayette fit preuve d’une sérénité d’âme éminente face à toutes les contradictions.

  Henriette-Marie fut ravie de voir sa chère religieuse réintégrer le monastère de Chaillot. Elle donna les ordres nécessaires afin qu’elle n’en soit plus jamais éloignée.

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Dernière mise à jour de cette page le 28/04/2006

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